Camping d'hiver au Québec, c'est faisable?

le 19 novembre 2020

Camping sous zéro, retour sur notre expérience…

 

On arrive à la fin novembre et malgré le fait qu’on a été vraiment chanceux au niveau de la météo, on a tout de même vécu quelques nuits très froides avec un mercure allant jusqu’à -10 degrés Celsius. Ça nous a permis de tester notre équipement pour utiliser notre VR dans des températures sous le point de congélation et de constater ce qui fonctionne bien et ce qui fonctionne moins bien…

Camping avec services

Premièrement, il faut savoir qu’en ce moment, nous sommes dans notre Airstream de 27 pieds au camping le Boisé de la Chaudière. Il s’agit d’un des seuls campings au Québec qui garde ses portes ouvertes jusqu’au 1er décembre. Il y a également quelques campings qui restent ouverts à l’année, comme entre autres le Domaine de Lausanne dans les Laurentides. 

 

L’avantage d’être dans un camping est que ça nous permet d’avoir accès à l’électricité pour nous chauffer, sans devoir vider rapidement nos réservoirs de propane. En utilisant des unités de chauffage électrique portatives, on arrive à rester au chaud et on peut compenser avec la fournaise lorsqu’il fait en bas de -3 degrés Celsius.

 

Si l’on se fiait uniquement à nos deux bonbonnes de 30 livres, on pourrait chauffer notre roulotte à une température confortable, entre 20 et 23 degrés, pendant environ une semaine.

 

Eau propre

Au niveau de l’eau propre, j’ai testé pour la première fois un fil chauffant que j’ai attaché à mon boyau d’arrosage, en plus d’un isolant pour protéger le tout. Je dois vous avouer que ça fonctionne à merveille! L’eau ne gèle pas et ça nous permet d’utiliser la cuisine et la salle de bain, même sous le point de congélation.

Toutefois, j’ai pu rapidement constater les dégâts que peut causer le gel en ayant oublié un autre boyau d’arrosage branché sur la deuxième entrée d’eau de notre terrain. En une seule nuit avec une température d’environ -5 degrés, le boyau a complètement fendu en deux. C’est la raison pour laquelle il ne faut jamais laisser des sections de tuyaux avec de l’eau stagnante en hiver… 

 

Eau sale

Au niveau des réservoirs d’eaux grises et noires, notre VR pousse de l’air chaud sur ceux-ci, lorsqu’on utilise la fournaise au propane. Tant que la température est sous zéro, on se voit dans l’obligation d’utiliser ce type de chauffage pour s’assurer que ça ne gèle pas dans les réservoirs.

 

Pour l’eau grise, j’ai laissé la trappe ouverte en tout temps. Ça permet de tout de suite l’évacuer dans les égouts, sans risque de gel. Pour l’eau noire, on ne veut jamais laisser la trappe ouverte, afin d’éviter que les solides ne s’accumulent et qu’il se forme un bouchon. On vide donc chaque jour en prenant soin de refermer la trappe. Par température très froide, on ajoute un peu d’antigel dans la toilette tout en s’assurant de chauffer les réservoirs avec la fournaise. 

 

Si jamais votre VR n’est pas conçu comme le nôtre, il existe des ‘’heating pad’’ pour les réservoirs que vous pouvez coller en dessous et brancher dans votre système électrique 12V directement. Il y a un thermostat qui détecte automatiquement la température et s’allume pour protéger du gel. 

 

Le pire ennemi, l’humidité…

Étant donné que la plupart des VR ne sont pas conçus pour une utilisation hivernale, à l’exception de quelques marques canadiennes comme Northern Lite, Bigfoot et quelques autres, l’isolation n’est vraiment pas adaptée à des températures très froides. Comme on chauffe l’intérieur et que l’extérieur est très froid, ça crée de la condensation importante dans les fenêtres et à l’intérieur des murs de notre VR. Tout ça, sans compter le fait qu’on utilise des appareils de cuisson et que nous-mêmes générons de l’humidité.

 

Question de ne pas endommager notre VR et d’être confortable à l’intérieur, il faut à tout prix se débarrasser de cette humidité. Ça peut paraître étonnant, mais un des meilleurs trucs pour éliminer la condensation, c’est d’entre ouvrir une fenêtre ou l’utilisation d’un ventilateur de toit pour faire sortir l’humidité. C’est un peu contre-intuitif, parce qu’on se bat avec des chaufferettes et la fournaise pour chauffer l’intérieur et en revanche, on perd notre chaleur pour éliminer l’humidité. 

 

C’est la raison pour laquelle on utilise un déshumidificateur résidentiel. Ça nous permet de diminuer grandement le taux d’humidité sans devoir perdre notre chaleur. Nous utilisons un déshumidificateur depuis environ 1 mois et on peut maintenant affirmer que ça fonctionne très bien jusqu’à environ -3 degrés Celsius. Aussitôt qu’il fait plus froid, il se crée tout de même de la condensation et on doit revenir à la technique d’entre-ouvrir une fenêtre.

Conduire un VR sur la neige

En 2018, alors qu’on avait notre petite roulotte Winnebago Micro Minnie de 19 pieds, on l’avait utilisé pour un week-end de ski à Sutton au mois d’avril. Nous avions surveillé la météo pour nous assurer de voyager sur une chaussée bien dégagée. Avec un poids important derrière le camion, ça nuit grandement à la distance de freinage et au niveau de la stabilité sur une route enneigée. Il était aussi primordial de déneiger le toit avant de prendre la route, tout en prenant bien soin de ne pas endommager les accessoires de plastique qui s’y trouvent et qui deviennent très fragiles lorsqu’il fait froid.

 

Comme nous n’avions pas accès à une station de vidange, on avait laissé notre roulotte en mode hivernation avec de l’antigel dans les tuyaux. On voulait l’utiliser uniquement pour dormir.

 

Somme toute, l’expérience avait été fort agréable et très confortable. La petite taille de cette roulotte nous permettait de chauffer rapidement et efficacement. Nous avions accès à une rallonge électrique pour recharger les batteries (à l’acide à cette époque) qui perdent de l’efficacité en températures froides. Nos panneaux solaires étaient presque inutiles dans ces conditions. Dès qu’il y a de la neige qui s’accumule, ils perdent leur efficacité, sans compter le fait que le soleil ne monte pas aussi haut dans le ciel et qu’il est présent beaucoup moins longtemps dans la journée. 

 

Au retour de notre petit week-end, dès que la température a été plus clémente, on s’est empressé de bien nettoyer le VR et le dessous de celui-ci. Ils ne sont pas conçus pour rouler dans le sel et le calcium et ils vont rouiller à vue d’œil! Il faut donc vraiment bien nettoyer le tout avec soin.

 

Même si ça exige un peu plus de préparation et de complications, je vous assure qu’il n’y a rien de mieux que de terminer une belle journée de ski à bord de notre VR. Ça nous permet de nous sentir comme à la maison, au pied des pentes et à l’abri du temps froid.

 

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