
La Route 389
La route 389 est l’une des routes les plus spectaculaires du Québec. Elle serpente sur plus de 560 km, reliant Baie-Comeau à Fermont, aux portes de la province voisine, Terre-Neuve et Labrador. Ce n’est pas une route ordinaire, mais une expédition où la forêt boréale, les exploits d’ingénierie et l’histoire humaine se croisent à chaque détour.
Ici, on traverse des complexes hydroélectriques colossaux, un réservoir créé par une météorite visible depuis l’espace, une ville minière disparue et une cité protégée des rigueurs de l’hiver par un mur d’un kilomètre de long. Pour les adeptes de VR et de vanlife, c’est un itinéraire qui allie nature, culture et émerveillement total.
Points forts
- 1. Barrages Manic-2 et Manic-5 – Des visites guidées gratuites pour plonger au cœur
d’ouvrages d’ingénierie qui ont marqué le Québec. - 2. Station Uapishka et monts Groulx – Gérée par la communauté innue de Pessamit, la station combine accueil des voyageurs et recherche scientifique sur la nordicité.
- 3. Réservoir Manicouagan – Formé par une météorite, il est visible depuis l’espace et offre des panoramas spectaculaires.
- 4. La pêche nordique – Touladi, omble de fontaine, ouananiche et brochet font le bonheur des amateurs.
- 5. Fermont et la mine du Mont-Wright – Découverte d’une ville unique protégée par un mur-écran et immersion dans l’univers minier.
- 6. Paysages boréaux grandioses – Route panoramique, forêts, montagnes, vallées et ciels infinis accompagnent chaque kilomètre.
Points forts


Baie-Comeau
Votre périple commence à Baie-Comeau, dernière grande ville avant d’entreprendre votre périple vers le Nord. Après avoir fait le plein d’essence, prenez la direction de la centrale Manic-2 (Jean-Lesage), sur la rivière Manicouagan.
Hydro-Québec y propose des visites guidées gratuites (réservation obligatoire) qui vous plongent au cœur de cet ouvrage construit dans les années 1960. Vous descendrez jusque dans la salle des machines souterraine, découvrirez comment la rivière se transforme en électricité, et comprendrez l’importance stratégique de cette centrale dans le développement énergétique du Québec.
Traversée du 50e parallèle
En poursuivant la route vers le nord, un jalon symbolique vous attend : le passage du 50e parallèle nord. Cette ligne imaginaire, souvent soulignée par des panneaux routiers, marque une frontière naturelle entre le sud habité du Québec et l’immensité nordique. À partir de là, les paysages changent subtilement : la forêt boréale se densifie, les reliefs deviennent plus accidentés, et l’impression d’entrer dans un autre monde s’accentue.
Pour plusieurs voyageurs, franchir le 50e parallèle est un petit rite de passage, une façon tangible de sentir que l’on s’enfonce vraiment dans le Nord québécois.


Manic 2 et Manic 5
Au km 211, vous atteignez la colossal centrale Manic‐5 et le barrage Daniel‐Johnson. C’est le plus grand barrage à voûtes multiples et contreforts au monde. Sa silhouette monumentale est une icône de l’ingénierie québécoise.
Hydro-Québec propose ici non seulement des visites guidées gratuites, mais aussi un centre d’interprétation moderne. Maquettes, films d’archives et panneaux interactifs permettent de plonger dans l’histoire titanesque de sa construction et d’en comprendre l’impact.
Les visites incluent :
● la traversée des galeries intérieures du barrage,
● la découverte des salles de commande,
● des belvédères panoramiques avec vue spectaculaire sur le réservoir Manicouagan.
À proximité, un arrêt est incontournable : la station-service Petro-Québec de Manic-5.
Véritable relais stratégique pour les voyageurs, elle combine :
● une pompe à essence (attention, le prix est élevé : environ 2,30 $/litre contre 1,50 $ à Baie-Comeau),
● un dépanneur et une boutique souvenir,
● un restaurant simple et chaleureux, parfait pour casser la croûte avant de poursuivre
vers le Nord.


Le réservoir Manicouagan
Le réservoir Manicouagan est une attraction en soi. Créé à partir de l’impact d’une météorite de 5 km de diamètre, il forme aujourd’hui un cratère de 100 km de diamètre, visible… depuis l’espace ! Depuis ses rives ou en excursion nautique, l’impression est saisissante.
C’est aussi un haut lieu de pêche sportive où on y trouve en abondance les espèces suivantes: Ouananiche, Touladi (truite grise), Omble de fontaine, Brochet.
Les espaces de campings de la station permettent de prolonger l’expérience sur le bord de l’eau, dans une atmosphère nordique où le silence, les étoiles et parfois même les aurores boréales deviennent inoubliables.
En reprenant la route vers le nord, un arrêt marquant vous attend : Gagnonville, une ville minière démantelée dans les années 1980. Aujourd’hui, il ne reste rien sauf l’asphalte, de vieux trottoirs le long de la route et quelques lampadaires. Traverser ce lieu fantôme est une expérience troublante qui rappelle la fragilité des communautés dépendantes des ressources limitées.


Le relais Gabriel
Ce relais est une véritable bouée de survie au cœur de la forêt boréale. Station-service, petit restaurant, mini-dortoirs : tout y est pour reprendre des forces. Mais attention… préparez-vous à l’accueil des véritables maîtres des lieux : les moustiques et les mouches noires !
En été, ils attaquent en essaims impressionnants, au point que plusieurs voyageurs racontent qu’il faut un filet anti-moustique pour simplement faire le plein d’essence. C’est l’une de ces anecdotes qui deviennent légendaires au retour du voyage : “J’ai mis l’essence… mais j’ai perdu la moitié de mon sang au relais Gabriel !”


Fermont, Mont-Wright et la mine
Dernière étape : Fermont, une ville unique en Amérique du Nord. Sa particularité ? Le mur-écran de 1,3 km de long, conçu pour protéger les habitants des vents glacials. On y retrouve logements, commerces, écoles et espaces communautaires, tous réunis sous un même toit. La visite guidée permet de découvrir ce modèle urbain innovant et la vie quotidienne dans cette ville nordique.
Mais Fermont est aussi le cœur de l’industrie du fer. La mine de Mont-Wright, exploitée par ArcelorMittal, est l’une des plus grandes mines à ciel ouvert au pays. En visite guidée, vous observerez des excavatrices géantes, des camions immenses de 400 tonnes et des fosses impressionnantes, témoignant de l’échelle titanesque de l’exploitation minière.
Petit clin d’œil : en redescendant la 389, vous passerez tout près de la mine de Fire Lake (un autre segment de route non-asphaltée), autre gisement emblématique de la région. On peut y voir comment l’extraction du fer a façonné le paysage et marqué durablement le territoire.

















